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Favole Grottesche

plastica, cristallo, vetro? (INTERLUDE)


Autore : maximilian capa
Sabato, 19 Novembre 2016 - 14:02

 

19 novembre 2016 Tête de verre....

(Questa "invenzione creativa" -dall'ORIGINALE italiano del 1975(?): è ben più sviluppata in FAVOLE GROTTESCHE, 16ma nel rango del SOMMARIO, e la avrete il prossimo anno, fra qualche mese.)

IL LUNGO IL CORTO VIAGGIO DELL'UOMO DALLA TESTA DI VETRO

LE LONG LE COURT VOYAGE DE L'HOMME A LA TÊTE DE VERRE.

Une bicyclette rouge, vautrée inconfortablement sur un gros rocher placé en équilibre sur un autre rocher encore plus gros, faisait un brin de causette amène avec l'arbre à petits pots. Tout à coup, un petit pot mûr glissa à travers le feuillage et tomba sur l'herbe avec un plouf enjoué. Trois oies sauvages lui coururent sus en riant comme des folles: l'une d'elles tira un ouvre boîtes de son gilet,ôta le couvercle et en un clin d'oeil, le petit pot mûr fut mangé. La bicyclette rouge et l'arbre à petits pots continuaient leur conversation sans parti-pris pendant que les trois oies, qui faisaient un casse-croûte, braillaient et agitaient vigoureusement les ailes en répétant continuellement: "CE qu'il était bon, ce qu'il était bon, nous ne l'oublierons jamais ce petit pot là!"

Perché sur une branche de l'arbre à moustiques, l'homme à la tête de verre observait tout cela attentivement, apparemment pensif. Il y avait un peu de vent qui faisait bruire les feuilles et les gros moustiques pansus, sans dire mot, fixaient l'homme à la tête de verre de leurs yeux fous. Les yeux fous des moustiques semblaient sur le point de jaillir de leurs orbites et d'aller se briser par terre en dégringolant dans les branchages. L'homme à la tête de verre ouvrit largement la bouche pour bailler, s'étira et reprit appui sur la branche en croisant les jambes. La bicyclette rouge nota ses mouvements du coin de l'oeil et se mit légèrement de coté pour mieux voir. L'homme avait repris son impassibilité d'observateur attentif. Mais comme la bicyclette l'observait elle aussi à ce moment-là, leurs regards se croisèrent. La bicyclette rouge s'écria:"Tu as un drôle d'air aujourd'hui, tu ne cherches pas à te sauver. Je ne sais pas comment m'expliquer cela." "J'ai toujours aussi envie de m'en aller et si je ne le répète plus sans arrêt comme je le faisais tous les autres jours c'est que, sincèrement, vous me devenez sympathiques. Je ne me sens pas si mal ici avec vous. Mais je voudrais tellement m'en aller et retourner d'où je viens!". "Ah, tu t'en iras quand viendra ton heure de t'en aller, ne t'en fais pas donc pou cela" répliqua l'arbre à petits pots "...Quand tu vas en lamentations continuelles à répéter que tu veux t'en aller et t'échapper et rentrer chez toi, tu me mets de mauvaise humeur. Tu me donnes envie de te donner des claques ou de te bombarder de petits pots bien mûrs." "Tu risques de me casser ma tête de verre!" "Tu risques de lui casser la tête" souligna sentencieusement la bicyclette rouge. "Je sais, je sais bien. Au grand jamais je ne te casserai la tête, va. Elle viendra, l'heure de t'en aller, je te dis." "C'est mon plus ardent espoir", conclut l'homme à la tête de verre avec un soupir.

Les insectes aux grands yeux, perchés près de lui sur les branches, le fixaient avec intensité; certains se lissaient les pattes de leur aiguillon, comme c'était leur habitude. Les oies sauvages, qui avaient suivi la conversation avec indifference, s'en allèrent en se trainant. Au bout de quelques heures passées dans le silence et la méditation, l'homme à la tête de verre descendit agilement de l'arbre, laissant les insectes qui l'avaient hébergé dans la plus grande perplexité, et se mit à déambuler de côté et d'autre comme une tête à la recherche de son corps perdu.

Il parvint jusqu'au ruisseau et fit la rencontre d'un poisson en plastique, qui chercha à le consoler en lui faisant boire un grand verre de lait qu'il venait de soustraire à l'arbre vache. Puis, il lia conversation avec l'arbre vache lui même, en présence du poisson de plastique qui leur prêtait une oreille attentive. Il fit du monde dont il était venu une description si passionnée et si pleine de détails qu'il lui semblait presque le retrouver, et l'arbre vache chuchotait continuellement à l'adresse du poisson: "Pas possible! Incroyable!" Le poisson, quant à lui,se contentait de rares interventions où il s'exclamait invariablement:"Dingue! Follement dingue!". L'arbre vache se soutira un grand bocal de lait qu'il offrit en présent à son hote.

L'homme à la tête de verre n'en mit pas moins fin peu après à la conversation pour reprendre sa promenade et l'arbre vache, dont l'intérêt s'était éveillé, en ressentit quelque déception. Flânant toujours, il retrouva la bicyclette rouge qui se promenai elle aussi, en sifflotant et pédalant gaiement -en se pédalant elle-même, serait-on tenté de dire-, et ils continuèrent ensemble. L'homme à la tête de verre refusa poliment, mais fermement, de se faire porter en selle, car il craignait de tomber et de se fracasser la tête. Il se sentait bien fragile, et de toute façon tellement saoûl de lait qu'il aurait inévitablement dégringolé de la selle. Mais la bicyclette rouge reprit:"Viens, je voudrais te montrer quelque chose." Plein de curiosité l'homme à la tête de verre la suivit.

A travers plaines et collines, ils poussèrent assez loin des endroits habituels, tout en s'arrêtant fréquemment pour bavarder avec les gens qu'ils croisaient, jusqu'à ce qu'ils rencontrent une personne de leur connaissance, le fauteuil bleu ciel, qui avait engagé un concours de vitesse sur roulettes avec une douzaine de hérons ivres de lait. Il devançait victorieusement les autres concurrents et freina à grand bruit en apercevant ses amis, dans un envol de poussière et de cailloux, réussissant miraculeusement à s'arrêter à un pas de l'homme à la tête de verre et au visage présentement blanc de terreur. Il l'invita à s'asseoir sur lui, et tous trois poursuivirent leur route. Quant aux hérons ivres, ils ne s'étaient aperçus de rien et, haletants, ils continuaient à essayer de rejoindre le fauteuil. Deux heures plus tard, la bicyclette rouge s'arrêtait devant un arbre grate-ciel et s'avançait en direction de la porte, suivie du fauteil et de l'homme à la tête de verre qui avait quitté sa monture. Les innombrables fenêtres qui constellaient le tronc géant étaient toutes fermées.

La porte elle-même était barrée d'un gros loquet de bois, les frondaisons et les branchages étaient si haut placés qu'ils en paraissaient ridiculment petits. La bicyclette rouge prit la parole:"Au-delà de cette porte tu as une possibilité..." "Une possibilité... de m'en aller?" "Je n'en sais rien, je te dis simplement qu'ouvrir cette porte te donne une possibilité, voilà!". Longtemps, l'homme à la tête de verre demeura perplexe, les yeux fixés sur la porte et sur le loquet de bois. Puis il s'approcha, tira à lui le loquet et l'arracha, car il n'y avait point de clé. Il l'arracha facilement, car il était très fort. Il battirent tous trois en retraite avec précipitation. D'innombrables objets avaient fait irruption de la porte toute grande ouuverte comme si, depuis une date immémoriale, ils n'avaient attendu que ce moment-là.

Des bouteilles d'aperitif vides, des téléviseurs en morceaux, des livres à peine sortis des presses, des encyclopédies, des poumons de cheval, des perruques blondes, des dentiers, des douilles, des manivelles, des journaux, des bandes dessinées, des microphones, des pellicules déroulées, des phares antibrouillard, des appareils photos, des plumets, des casques de parachutiste, de petits hélicoptères, des crayons à bille, des lampes de table, des tables de salon de thé, des tableaux de paysages, des roulettes, des fauteuils, des engrenages, des assiettes de porcelaine. L'arbre gratte-ciel vidait, semblait-il, son corps immense avec le plus vif plaisir. Et encore: des boîtes de bière, des insectes de plastique, des chiens de paille, des percolateurs, des burettes à huile, des choux pour la choucroute, des transistors, des antennes, des vases de nuit de couleur, d'énormes tubes de dentifrices, des tremplins de saut, des boîtes de vitesse, des morceaux de verres, des coins restaurants, des pizzas, des chaînes, des tables, des verres opalins... Et mille autres choses. Quand la porte fut enfin rendue à sa tranquillité d'orifice noir et vide, les trois amis se serrèrent les uns contre les autres en titubant, comme si quelque horrible monstre pouvait encore faire son apparition. "Maintenant, peut-être devrais-tu assayer de pénétrer à l'intérieur", bredouilla toute émue la bicyclette rouge.

L'homme à la tête de verre l'avait fort bien compris. Il savait qu'il lui fallait entrer, que c'était très important. Mais il avait peur. Enfin,rassemblant tout son courage, il chemina péniblement au milieu des épaves et atteignit la porte, qu'il franchit sans l'ombre d'une hésitasion. Dès qu'il fut à lintérieur, la porte se ferma derrière lui. Peut-être était-ce la bicyclette qui l'avait fermée, mais peu lui importait. Durant un temps qu'il ne put pas évaluer, l'obscurité demeura impénétrable. Puis la lumière se fit partout: il avait l'impression de se trouver à l'intérieur même des lumières, et il était incapable de s'expliquer d'où elles pouvaient bien lui parvenir. Cependant, à mesure que ses yeux s'accoutumaient à leur vive clarté, il commençait à reconnaître le poste de pilotage de son astronef. La porte s'ouvrit à nouveau: il n'avait plus devant lui un fragile portail, mai la lourde portière du sas qu'il connaissait bien. Au dehors, dans la lumière aveuglante des réflecteurs, plus de bicyclette rouge, de fauteuil bleu ciel ni de tout cela, mais des techniciens et de savants assoiffés de nouvelles qui accueillaient le héros retour d'espaces lointains.

Le héros cependant n'avait rien à dire, il n'avait rien a raconter de ce genre après six mois de voyage dans l'espace.

ET IL NE DIT RIEN.


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